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Récits de fessées et de flagellation

Comment fouettent les Ursulines de Corbeil

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Hugues Rebell - Journal d’une enfant vicieuse

Réveillée de bonne heure, la pensée que j’allais être fouettée devant tout le couvent et les religieuses, me rendait malade d’angoisse et d’inquiétude. Quelles injures me lancerait-on au passage ? De quelles verges épineuses, de quels martinets plus rudes se servirait-on pour me châtier ? Cependant la sœur tourière arrive. Elle a un paquet sous son bras qu’elle développe au-dehors, craignant de le salir dans mon cachot. Elle m’ordonne alors de me soulager ; elle craint qu’au moment de mon supplice, l’émotion, le mal ou un désir de vengeance, ne me rende plus qu’inconvenante. Mais j’ai beau vouloir lui obéir, la honte est plus forte. Il faut qu’elle me contraigne à m’accroupir.
― Je ne peux pas, ma sœur !
― Nous allons bien voir, dit-elle. Et m’écartant les fesses, elle insère un doigt dans les profondeurs de mon derrière, me causant une douleur insupportable.
― Cochonne ! s’écrie-t-elle en m’essuyant son doigt souillé sur le visage et sous le nez. C’est pour la cérémonie que vous vous retenez. Eh bien ! nous allons voir si vous ne m’obéirez pas. Et une seconde fois elle appuie sur mes épaules, me contraint à me courber, trousse la robe, et d’une sangle, pour que les coups paraissent moins, elle me cingle le milieu du derrière. La peur agit enfin. Devant elle, comme un animal, je décharge mon corps.


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Elle me fait alors laver le caveau, la muraille, puis, quand mon cachot est nettoyé, je quitte ma robe, mais pour en revêtir une presque aussi sale, et qui est coupée et cousue de telle sorte que je dois être dedans ridicule. Elle est faite de carreaux d’étoffes différentes et de toutes couleurs, grands ou petits, des bleus, des rouges, des jaunes, qui forment des dessins extravagants. La robe traîne par-devant, par derrière au contraire, elle est fort courte et coupée par le milieu. La robe mise, on me coiffe d’un chapeau encore plus ridicule, formant visière par-devant et comme un bateau par derrière. Comme, par dérision, on l’a orné d’orties et de feuilles de houx, un morceau de grosse toile qu’on me noue sous le manteau doit retenir le chapeau. Ainsi arrangée, je fais le tour de la cour, les mains attachées derrière le dos, à côté de la tourière qui a un martinet à la main et me tient par une corde. Toutes les élèves m’accueillent par des cris et des quolibets.
― Voilà une jolie toilette pour aller au bal.
― Un beau chapeau, j’en demanderai un comme ça pour ma fête.
― Comme elle est fière, regardez donc, Louise, on voit qu’elle a eu la croix.
― Sur son derrière, oui. Il doit être d’une belle couleur à présent.
― Elle aimait se mettre du rouge, la coquette, elle ne doit pas se plaindre.
― Il doit y avoir aussi autre chose que du rouge. Vous savez comme elle est propre !
― Ça va être drôle de la voir fesser tout à l’heure.


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― Prenez garde qu’on ne vous fesse aussi, vous, méchante, dit une religieuse. Il fallait que les sœurs vinssent elles-mêmes menacer ces misérables bavardes pour les faire se taire, mais elles-mêmes, tout en restant silencieuses, ne prenaient pas moins de plaisir que leurs élèves à mon châtiment. Leur sourire, leurs yeux brillants le disaient assez.
Enfin je découvre l’estrade où je dois subir mon châtiment. La tourière me fait monter à genoux les cinq degrés où je vois les instruments de mon supplice : la pelle à bois, le martinet de cuir, un balai d’épines et d’orties. Toujours agenouillée, j’écoute une longue remontrance de la mère supérieure qui, par-dessus ses lunettes, me coule un mauvais regard, jouissant beaucoup de l’émotion que je laisse paraître, mais ce ne sont pas ses paroles que j’écoute. Je ne vois que la pelle à bois, le martinet et le balai d’orties. Il semble que mon derrière les sent déjà sur sa peau. On me les donne à baiser ou plutôt on me passe le manche des verges et du martinet sous les lèvres ; puis, c’est la main de la sœur correctrice que je dois baiser. Cette fois je me révolte et je crache contre elle. J’entends une grande rumeur dans la cour, puis une voix à mon oreille qui dit : « Demandez pardon tout de suite. » Je dis « Pardon », sans trop savoir ce que je fais. Mais cela n’a pas apaisé la sœur correctrice qui me dit à l’oreille : « Je vais bien te soigner, je te le promets. »


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Mes jambes tremblent et je peux à peine me soutenir, mais on m’en épargne la peine. Deux sœurs m’ont courbée contre l’estrade ; mes jambes, mes mains, sont attachées aussitôt, j’ai le haut du corps très incliné, je ne m’appuie sur l’estrade que par les coudes et le haut de la poitrine. Mon derrière est rejeté en arrière, maintenu par une tringle qui me passe sous le ventre. La position est si incommode que c’est presque une torture. Pour l’accroître encore, voici que la mère supérieure me fait attacher mes cheveux à la ceinture ce qui me force à relever la tête. Je vois toutes les élèves qui passent devant moi, me regardant ; quelques-unes font des grimaces. Je veux répondre, mais déjà les premiers coups de la pelle à bois tombent sur mon derrière, m’arrachant un horrible hurlement. Vainement je veux retenir mes cris, ils jaillissent malgré moi, à chaque coup qui vient me surprendre à une place inattendue. Il me semble que toute ma peau se soulève, éclate sous la plaque trouée ; mais le martinet a remplacé la pelle. Les cinglades me courbent, m’anéantissent. Toute mon âme, tout mon être sont dans mes pauvres fesses, et je ne vis plus que dans l’attente d’une douleur ; les coups sont si rapprochés bientôt, que je perds, au milieu de mon supplice, le sentiment de moi-même. Je ne suis plus qu’un cri, une plainte, un sanglot.
― Saigne-t-elle ? demanda la mère supérieure. Elle était un peu inquiète, car « je ne devais pas saigner encore ». Une bonne correctrice doit pouvoir appliquer le martinet sans entamer la peau. La correctrice me passa indécemment la main sur les fesses et même dans l’anus et sur ma fente, puis montrant sa paume sèche à la supérieure, elle lui prouva qu’elle s’était acquittée de ce premier châtiment en fouetteuse expérimentée.


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Cependant je n’avais pas fini avec la sœur fesseuse ; elle saisit le balai d’orties et m’en frotta le cul. Il me sembla que mes fesses prenaient feu et avec elles tout mon corps. La cuisson était si vive que je hurlais comme une chienne, je ne me sentais plus moi-même. Je n’étais plus qu’un cul fessé par la plus terrible des fessades. J’avais la sensation qu’on me coulait de la poix bouillante et de la chaux vive dans le trou de mon derrière, et alors comme si j’avais pu repousser mon bourreau, je lui donnais des coups de fesses, je les ouvrais, je les tendais menaçantes, et à un moment, malgré les précautions de la tourière, trouvant à son poste mes défenses ordinaires, je lâchai au nez de la fesseuse une décharge fort copieuse, et j’inondai l’estrade. De grands rires partirent derrière moi et aussi des murmures d’étonnement et de réprobation.
― La correction serait finie, me dit la mère supérieure, mais cet acte d’indécence est trop grand et trop honteux pour qu’elle en réchappe ainsi. Continuez la fouettée d’orties, ma sœur, et puis toi, crotte, ma fille, si le cœur t’en dit, seulement je te promets que tu ne crotteras pas demain avec plaisir. Dès lors il n’y eut plus aucun ménagement de la part de mes fouetteuses.

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Je crus qu’on allait me tuer ; elles s’étaient mises deux à me fouetter ; les verges volaient, se brisaient sur mon cul ; la pisse, le sang se mêlaient aux excréments. Mes hurlements étaient suivis de rires et de remarques immondes que les religieuses provoquaient à présent au lieu de chercher à les punir. Finissez, dit la Mère supérieure qui craignait de me voir m’évanouir. Les verges s’arrêtèrent enfin, mais je n’en sus rien pendant longtemps, je continuai à tordre mon corps. La douleur était à un point qu’on ne pouvait pas dépasser. Je souffrais tellement que je n’avais plus conscience de ce qui se passait. On me laissa ainsi attachée plusieurs heures ; et comme la douleur s’apaisait peu à peu, j’eus la honte de voir mes condisciples passer devant moi s’arrêter, me regarder, se moquer. À un moment, j’entendis une voix chuchoter derrière moi : ― Ah ! ton cul n’est pas joli aujourd’hui, ma mignonne.


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